C’est un fait aujourd’hui reconnu: la crise sanitaire, économique et sociale que nous traversons fragilise fortement les plus précaires.

A Genève, de nombreuses personnes et familles, qui dans des circonstances “normales” connaissent déjà des difficultés importantes à satisfaire leurs besoins les plus élémentaires, ont vu leur situation s’aggraver pour atteindre des niveaux de précarité inconnus sous nos latitudes depuis l’après-guerre. Et les images des interminables files d’attente à la patinoire des Vernets, qui ont fait le tour du monde, sont encore dans toutes les mémoires.

Hélas, les perspectives pour les années à venir sont pessimistes:

  • Alors que les Colis du Cœur n’aidaient en moyenne “que” 3500 personnes avant la crise Covid-19, l’aide alimentaire octroyée s’élève désormais à près de 7000 bénéficiaires chaque semaine, dont 41% d’enfants.
  • Selon les derniers chiffres de l’Office cantonal de la statistique, le risque de pauvreté concerne 19% de la population à Genève. Et plus d’un ménage sur cinq à Genève ne parvient pas à mettre de l’argent de côté pour faire face à des dépenses imprévues.
  • Pour la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS), une augmentation de 21% des bénéficiaires de l’aide sociale est à prévoir pour 2021. Pour la CSIAS, la crise du Covid-19 laissera des traces en particulier pour les franges les plus vulnérables de la population: jeunes adultes, familles monoparentales, personnes sans formation professionnelle reconnue, ou encore travailleurs indépendants.
  • La crise liée à la pandémie fait grimper les dettes des personnes les plus précaires. Selon Caritas, les demandes d’aide pour désendettement ont augmenté de 50% en une année. En Suisse pas loin de 700 000 personnes vivent dans un ménage confronté à des arriérés de paiements. Et depuis un an, les services de Dettes Conseil reçoivent une forte hausse du nombre d’appels. Il s’agit souvent de personnes qui, parce qu’elles ont vu leur revenu chuter brutalement, y font appel pour la première fois et pour des dettes courantes.
  • Dans sa dernière étude, le Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ (KOF) souligne que le Covid pénalise beaucoup plus fortement les ménages modestes. Malgré une réduction de leurs dépenses, les familles les plus pauvres épuisent leurs maigres économies: environ 39% des personnes dont le revenu mensuel du ménage est inférieur à 4000 francs ont déclaré avoir puisé dans leurs économies afin de couvrir leurs dépenses courantes.

Mise à jour: septembre 2021